Après un parcours universitaire en philosophie, Alexandre Westphal s’initie à la création documentaire en 2009.
Il coréalise ensuite un premier long-métrage intitulé À mots couverts, portant sur la participation des femmes au génocide des Tutsi du Rwanda en 1994. Le film a reçu en 2015 le grand prix du documentaire historique des Rendez-vous de l’Histoire et celui du festival Images de justice en 2016 ; il a aussi reçu une étoile de la Scam. En marge de son travail de réalisation, Alexandre est
également monteur et étalonneur sur des fictions, des documentaires, ainsi que sur des projets destinés aux musées et aux galeries d’art. Ciriaco, ou l’étroit chemin du retour est son deuxième film.

Le travail documentaire d’Alexandre Westphal explore la façon dont la mémoire se construit, se transmet, et la manière dont les outils du cinéma permettent de la rendre visible. Dans son premier film, réalisé au Rwanda, des détenues condamnées pour crime de génocide reviennent sur leur participation aux massacres de 1994. L’une d’entre elles, Immaculée, cherche à établir un dialogue avec son fils Jérôme, qui fut aussi victime de ces violences. La fragile parole de ce dernier nous montre alors comment le passé traverse les familles et les divise, définitivement. Au fil des témoignages parsemés de zones d’ombre qui se succèdent depuis l’intérieur de la prison, la caméra cherche sur les collines les traces évanouies de cette histoire toujours présente.

Ces interrogations sont au cœur de Ciriaco ou l’étroit chemin du retour, qui fait partie du cycle de projections accompagnant le festival. Il y est cette fois question d’un parcours d’immigration dans les années 1920, entre l’Italie et la France. Le film cherche à faire vivre cette mémoire en mêlant les outils de la fiction et ceux du documentaire. Pendant qu’un vieil homme enquête sur l’histoire de son père, essayant de rassembler quelques bribes de souvenirs épars, la voix d’un jeune paysan italien parti pour la France cent ans plus tôt habite les images du Latium, à la manière d’un conte tragique. La fiction vient au secours du récit et permet la rencontre entre deux hommes séparés par l’Histoire.

Alexandre Westphal est lauréat 2017 de la Fondation Jean-Luc Lagardère

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