Keen Souhlal

Sculpture  Casa de Velázquez  2017

D’origine française et Kabyle, Keen Souhlal a un parcours atypique. Après des études à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts à Paris (ENSBA), elle s’expatrie en Islande, au Groenland puis au Québec et complète sa formation par un CAP en marqueterie à l’Ecole Boulle. Elle utilise le bois, la céramique, la photographie, le dessin, ou encore la sculpture. Cet éclectisme de médiums lui permet d’envisager la nature selon une grande diversité de points de vue et de procédures. L’objet de réflexion de l’artiste est l’élément brut, extrait de son environnement naturel. Influencée par une large palette de mouvements, du Land Art à l’Arte Povera, l’artiste croise les matériaux, les formes et les techniques pour des rendus à la fois bruts, sensibles et délicats qui révèlent les tensions entre force et fragilité.

Keen Souhlal s’intéresse particulièrement à la notion de décor et de matières agencées. Figeant la matière dans ses phénomènes éphémères et instables, elle en révèle le potentiel plastique poétique et gracieux. Ses sculptures sont issues de manipulations de matériaux souvent naturels tels que des troncs d’arbre, du verre qui évoquent un ancrage dans l’arte povera.

 

Est présenté en extérieur, dans le jardin, un arc charbon, arche en pavé de bois à laquelle l’artiste attache une expression symbolique (passage, feu, bois, nature, culture…) :
« L’arche se déploie en équilibre créant un nouveau passage extérieur. Un sas invisible entre deux espaces formés par un assemblage de pavé carbonisés semblant tenir par eux-mêmes. Comme lors de rituels chamaniques l’artiste utilise le bois brulé, qu’elle prépare elle même à partir de pavés de terrassement. La matière change d’état et le feu transforme le bois manufacturé en charbon fragile. Cette pièce nous emmènent dans se rapport nature/sculpture. L’élément brut extrait de son environnement naturel est l’objet de réflexion de l’artiste : Comment le sculpter sans en altérer le matériau ? »

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