Né en Moselle en 1985, Samir Boumediene est historien des savoirs et des arts.

Chercheur au CNRS, titulaire d’un doctorat d’histoire moderne, il a publié en 2016 sa thèse sous le titre La colonisation du savoir. Une histoire des plantes médicinales du Nouveau Monde.

Le projet de recherche qu’il a mené à la Villa Médicis est consacré à une expression : « Le temps dévoile la vérité » ou « Veritas Filias Temporis », particulièrement employée dans l’art italien des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. En analysant les peintures, gravures, dessins, sculptures et tapisseries évoquant cette idée, il s’agit de comprendre l’importance qu’acquiert la thématique de la découverte dans l’histoire culturelle, sociale et politique des arts.

Parallèlement, Samir Boumediene mène des projets à l’interface entre arts culinaires et arts visuels. Dans le prolongement de recherches sur les pratiques de la fermentation et l’usage des épices, il profite de sa résidence à Rome pour écrire un documentaire sur le soffritto.

Également appelé sofregit en catalan ou sofrito en castillan, le soffritto est la base de nombreux plats et de nombreuses sauces de la cuisine méditerranéenne. Derrière d’infinies variations, il se présente comme l’association d’un corps gras et d’un représentant du genre alium (notamment l’oignon, l’ail, l’échalote). S’il n’a pas d’équivalent dans le vocabulaire de la cuisine française, il y joue en réalité un rôle tout aussi fondamental. Cela est aussi vrai, au fond, pour de nombreuses autres cuisines en Asie, en Afrique, en Amérique où, en dépit des yeux qui piquent et du risque de se blesser, la préparation des plats commence par la découpe d’un bulbe âcre.

En retraçant l’hisoire du soffritto et ses recompositions à l’heure de la cuisine fusion, il s’agit ainsi de mettre en évidence l’attention aux convives qui caractérise le geste culinaire et donne à tant de plats (risotto, caponata, ratatouille, sauce catalane, sauce mirepoix, etc.) le fond de leur saveur.

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