Sara Kamalvand

Architecture  Casa de Velázquez  2020

Sara Kamalvand, architecte, aborde dans ses projets des questions telles que le changement climatique, l’épuisement des ressources et l’empreinte écologique à travers le patrimoine, la conservation et la mémoire. Depuis 2012 elle mène une réflexion sur un réseau d’irrigation ancestrale et abandonnée à l’origine des villes de Téhéran, Palerme et Madrid. Son travail a été exposé à la fondation Nicolas Michelin, au Musée d’Art Contemporain de Téhéran, au Kunstfort d’Amsterdam. En 2018 elle a été sélectionnée pour la Manifesta12 pour travailler sur les qanats de Palerme.  Elle a publié son premier livre Le Monument Invisible en 2020. Sara Kamalvand a été professeure invitée à l’École Spéciale d’Architecture à Paris et à l’École de Paysage de Versailles. Elle a également effectué plusieurs séjours en résidence : à la Cité Internationale des Arts à Paris, au Centre International de Cerisy et à la fondation LUMA.

Madrid, fondée au IXe siècle sous le règne des Abbassides, a été construite sur des sources d’eaux souterraines ; le nom même de la ville dériverait de matrice – « la mère » – ou plus littéralement encore de magerit – « ruisseau » en arabe. Le projet de Sara Kamalvand prend ainsi sa source aux origines mêmes de la ville, autour de la question de l’eau, à travers la lecture d’un réseau
souterrain, ancestral et invisible, le qanat ou viaje de agua en espagnol. Cette infrastructure, inventée en Iran il y a plus de 3000 ans, apparaît ensuite entre Orient et Occident, sur une bande aride entre Séville, Marrakech et la Chine, reliant ainsi une série de villes-jardins médiévales constituant la Route de la Soie.
En étudiant ce tracé invisible et originel de la ville (qui a donné naissance aux jardins et a alimenté les fontaines publiques pendant plus de huit siècles), Sara Kamalvand entreprend un travail proche de celui de l’archéologue. En lisant ces ruines invisibles, elle part à la reconquête d’un patrimoine oublié, déchiffrant ce palimpseste urbain à la recherche des traces indestructibles des sociétés qui s’y sont succédé.

Photo 1 et 2: Sara Kamalvand, 2020
Portrait : crédit Joseph Ballu

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